Etienne Barilier

Prix Européen de l’Essai Charles Veillon 1995, pour
Contre le Nouvel Obscurantisme. Éloge du Progrès, Genève, Zoé-Hebdo, 1995

 

Etienne Barilier

Né en 1947 à Payerne, Etienne Barilier a passé son enfance à Vufflens-la- Ville dans le canton de Vaud. Ses études classiques latin–grec aboutissent à un doctorat es lettres à Lausanne et à la publication de son premier ouvrage Orphée en 1971. Etienne Barilier est non seulement romancier, essayiste, chroniqueur, mais également traducteur (de l'allemand: Dürrenmatt, Hohl, Frisch, Muschg, Wedekind, Bachofen et de l'italien: Landolfi). Il a donné des conférences dans plusieurs pays d'Europe ainsi qu'au Brésil, en Argentine et en Egypte, enseigné la littérature et l'histoire des idées aux Universités de Lausanne (Facultés des Lettres et des Sciences sociales et politiques), Zurich et Los Angeles (USC).

Son œuvre romanesque met à l'épreuve, au travers de situations parfois extrêmes, les sentiments, les croyances ou les aspirations contemporaines. Son écriture est marquée au double signe de la passion et de l'ironie. En 1978, il a été lauréat à Paris du Prix d'honneur pour son roman Le Chien Tristan. Prague a obtenu le Prix Rambert à Lausanne (1980). Au nombre de ses derniers romans, mentionnons La Créature, variation sur L'Eve future de Villiers de l’Isle-Adam, Le Dixième Ciel, roman historico-philosophique centré sur le personnage de Pic de la Mirandole, ouvrage qui s'est vu décerner le Prix de l'Union internationale des Editeurs de langue française (1987); Une Atlantide, où l'histoire occidentale est vue comme en un miroir imaginaire; enfin, Un Rêve californien s'apparentant à un thriller psychologique.

Parmi ses essais, traitant de domaines divers, que ce soit la littérature (Albert Camus), la musique (Alban Berg), l'esthétique (Le Banquet), ou encore le pamphlet (Soyons médiocres), signalons Les Petits Camarades consacré au débat qui opposa Sartre et Aron. La Ressemblance humaine pose la question des valeurs "universelles", face aux défis du relativisme culturel. Dans le même esprit, l'Eloge du Progrès tente une redéfinition de la raison face aux irrationalismes de cette fin de siècle. En sa qualité d'essayiste, la question du statut de la rationalité dans le monde d'aujourd'hui se trouve au cœur de ses préoccupations.

 

L’ouvrage: Contre le Nouvel Obscurantisme. Éloge du Progrès

Notre Europe angoissée et désenchantée rejette ses propres valeurs: les Lumières seraient une immense erreur; l'espoir de changer le monde serait vain pour toujours, l'Histoire serait finie, et la science nuisible. On prétend donner son congé à la raison. Retour du religieux? Non: ressac de la superstition.

Or bafouer ainsi toute pensée rationnelle et raisonnable, fût-ce au nom du cœur, c'est laisser libre carrière à la barbarie: le fanatisme, religieux ou non, se nourrit de nos peurs et de nos paresses d'esprit. Car la raison, que l'on prétend aujourd'hui mépriser, est beaucoup plus que la raison. Elle est désir de faire la lumière sur l'oppression, l'hypocrisie, le jeu des intérêts, les violences commises au nom de la religion. La raison dénonce et débusque l'inhumain. Et le progrès n'est pas l'affaire de la science, encore moins de la technique: c'est l'affaire de la conscience.

 

Allocutions, laudatio et conférence du lauréat :

 

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Publié par la Fondation Veillon le 01 mars 1995